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©2019 by Festival de Ramatuelle 

Entretien avec Michel Boujenah, Directeur artistique du Festival de Ramatuelle !

June 17, 2019

crédit photo : Cyril Bruneau.

 

C’est la 35ème édition cette année, 11ème année pour vous, comment expliquez-vous cette pérennité du Festival de Ramatuelle ?

Je pense que la longévité vient de la magie de l’endroit et du travail d’une équipe très soudée. Avec Jacqueline, on a gardé la mémoire de Jean-Claude Brialy. J’ai aimé ce festival quand j’ai joué en 1986, aujourd’hui, j’ai le bonheur d’en être le directeur artistique. Il y a eu à la fois une harmonie de l’époque de Jeau-Claude et j’y ai amené mes choix à travers des discussions avec Jacqueline. Au départ, j’étais venu pour un an, c’est ma onzième année, j’ai l’impression d’être arrivé hier. C’est passé très vite. Ramatuelle perdure. Ce festival domine tout.

 

Quel est le secret d’une programmation ?

Le premier critère, c’est la qualité. Le deuxième critère, c’est l’émotion et le plaisir dans la joie ou dans la tristesse. Le troisième critère, c’est l’éclectisme. Le quatrième critère, c’est savoir répondre aux questions « qu’est-ce que le spectacle populaire ? et qu’est-ce que c’est le spectacle vivant ? » Mon blason c’est une phrase de Laurent Terzieff : « Le théâtre c’est pas ça ou ça, c’est ça et ça »

 

Pouvez-vous nous parler de votre sélection pour cette 35ème édition ?

Il y a cette magie de Ramatuelle mais elle vient aussi de la qualité des spectacles. La sélection ne se fait pas par hasard, avec Jacqueline, nous inventons chaque année une histoire, nous imaginons un fil rouge avec les artistes que je souhaitais faire venir depuis longtemps et nous suivons en même temps le fil de l’actualité.

Par exemple Zazie, cela fait des années que nous l’attendions, enfin, elle est là. Ça a été un tel choc de voir Gérard Depardieu chanter Barbara aux Bouffes du Nord que nous avons tout de suite voulu l'accueillir à Ramatuelle. Nous avons invité Macha Méril et Natalie Dessay dans La Légende d’une vie qui est l’un des spectacles de l’année.

 

Il y a ceux qui sont déjà venus à plusieurs reprises et qui sont pensionnaires du Festival de Ramatuelle.

Il y a ceux qui viennent souvent comme la troupe de Philippe Lellouche, c’est comme une série, à chaque fois qu’on les accueille, c’est un épisode différent. Richard Berry qui est un de nos pensionnaires, est un magnifique moment d’éloquence dans les Plaidoiries de Défense. Le Canard à l’orange est un moment de joie et de rires. Nicolas Briançon est un pensionnaire et administrateur du Festival de Ramatuelle. Nous sommes contents de le retrouver, car l'année dernière la pluie diluvienne s'est abattue sur "Faisons un rêve". Toute sa troupe sont de merveilleux comédiens. Accueillir Pierre Palmade, lui aussi pensionnaire du Festival et accueillir Catherine Hiegel, cette grande dame de la Comédie Française pour la première fois, c’est un bonheur et un coup de cœur. À chaque fois, il y a un élément qui nous amène à sélectionner un spectacle.

 

C’est très éclectique, c’est ce qui fait la magie de Ramatuelle ?

Toujours. Entre Caroline Vigneaux et La Légende d’une vie, il y a des kilomètres. En tout cas, c’est l’éclectisme qui fait sa marque. Les gens qui viennent au Festival de Ramatuelle savent qu’ils vont voir des choses très différentes dans des domaines différents mais toujours dans le spectacle vivant. Aujourd’hui, en France, le spectacle vivant va du slam à Molière en passant par Stefan Zweig. Ce que je trouve intéressant à Ramatuelle c’est d’essayer, dans un temps relativement limité, de donner la possibilité de voir un kaléidoscope plus ou moins large de ce qu’est le spectacle vivant aujourd’hui. Que ce soit des chanteurs, des seuls en scène, du théâtre classique mais aussi du boulevard, je ne suis pas du tout limité comme si je dirigeais un théâtre qui dépend du Ministère. Nous répondons à la qualité et à l’exigence autant que nous pouvons.

 

Quel est le moment que vous aimez le plus pendant le Festival ?

Quand je suis dans un coin du théâtre avec Jacqueline à observer les spectacles et le public. Je me mets dans une position qui est celle d’un spectateur de tennis. Je passe de l’un à l’autre tout le temps et je regarde comment ça se passe. Quand je vois que la magie prend à la fois chez l’artiste qui se rend compte tout à coup du plaisir que c’est de jouer à Ramatuelle et le public qui est mort de rire ou qui est bouleversé, c’est un bonheur. Et il y a ce moment où j’oublie tout ça et où je redeviens un spectateur.

 

Comment voyez-vous cette émergence d'humoristes sur les réseaux sociaux et sur Internet ?

Tous les humoristes qui sortent sur YouTube, c’est très intéressant car c’est une porte ouverte et c’est une possibilité de s’exprimer pour tout le monde. Maintenant dès qu’on rentre dans la multitude, on a de tout. L’important c’est que ça vive, que l’on puisse rire et pleurer. Plus il y en a, mieux c’est pour moi. Peu importe le chemin. Mais c’est vrai que l’endroit noble et vrai reste la scène.

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